Silk me back project. 2011-2014.

27 kimonos créés par des artistes contemporains pour soutenir les sinistrés du tsunami et de Fukushima de 2011 au Japon

Dessins originaux :

Kimono (exemplaire unique) :

(Couture par Isabelle Moulin, impression numérique sur soie par Grain de Couleur)

Foulard (50 exemplaires):

(Impression numérique sur soie par Grain de Couleur)

 

SILK ME BACK

Silk me Back est un projet culturel solidaire initié suite aux événements du tsunami et de Fukushima survenus en mars 2011. Amorcé dès le lendemain de la catastrophe, il valorise les relations privilégiées et les inspirations réciproques qui ont toujours existé entre Lyon, sa région, la France et le Japon par le domaine de la soie. Au-delà de la valorisation de ce patrimoine relationnel existant, Silk me Back a pour vocation de montrer de quelle façon ce patrimoine reste aujourd'hui un outil actif de la création contemporaine et peut être mis au service d'un geste élégant d'entraide et de soutien en direction des sinistrés de la catastrophe nippone. Pour cela, il a su faire se rencontrer acteurs du réseau textile rhônalpin et artistes contemporains pour la création d'une collection de kimonos.
Lancé à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine à l'Usine Tase, le projet a ensuite été exposé lors du Festival Label de Soie et par le Marché des Soies à Lyon. Une partie de la collection de kimonos a été présentée au musée des Tissus de Lyon en mars 2012, accompagnée, en résonance, d'une exposition à la Fondation Bullukian sur le travail personnel des artistes. Après avoir pris ses quartiers d'été aux Soieries Bonnet à Jujurieux dans l'Ain, haut lieu du patrimoine industriel textile rhônalpin, l'intégralité de la collection fut accueillie par la Galerie de Nesle à Paris du 27 au 30 Septembre 2012 , puis exposée pendant une semaine dans le hall de l'hôtel WEST IN Paris Vendôme avant sa vente aux enchères le samedi 9 février 2013.

Site : silkmeback.tumblr.com

Plus de la moitié des kimonos ont trouvé acquéreurs pour regrouper un bénéfice de 10 000 euros, destiné à l’association Furusato Project oeuvrant à la reconstruction dans la région de Kitakami.

Un séjour du 8 au 23 mars 2013 au Japon a été effectué par 4 artistes du projet (Isabelle Moulin / IZNAO en tant qu'initiatrice de la démarche, Jérome Granjon en tant que graphiste et webmaster, Lucas Manificat en tant que réalisateur et moi-même en tant que dessinateur) afin d’être présents auprès des japonais lors de la commémoration de la catastrophe et partager avec eux les fruits de la démarche du Silk me Back.

Un film relate cette aventure : SILK ME BACK IN JAPAN (2014)

Concernant mon travail pour ce projet :

Mon kimono  représente autant la montée des eaux que la douleur viscérale et la salissure infligée au Japon par la catastrophe. De par le mélange de dessins relevant du paysage, du viscéral, et de la représentation du tsunami, il fait écho à la poussée inexorable des eaux mélangeant tout, à la violence du phénomène, et à  la confusion qu'ont dû ressentir les habitants.

A l'image des photos des sauveteurs, dont les tenues étaient entachées par la boue et les débris,  la blancheur et la pureté de la soie et le type de kimono choisit (kimono de jeune fille non mariée) contrastent avec la salissure du dessin.

Ce dessin  a été réalisé en essayant de trouver un équilibre entre la création d'une image et sa destruction immédiate grâce à  l'utilisation de l'aquarelle qui, une fois apposée sur le papier, s'efface ou s'altère par l'ajout d’eau. A l'image d'une personne essayant de ne pas disparaître emporté par les flots, à chaque moment de sa réalisation, ce dessin était partiellement recouvert d’eau, détruit, altéré, ou partiellement effacé.

Le dessin du foulard s'inspire quand à lui des images célèbres de la vague d'Hokusai et du concept du mizu dans la tradition japonaise, ce trop-plein qui emporte tout sur son passage. Jouant avec les proportions et les inversions, il cherche à rendre sensible notre confusion et notre petitesse devant la violence et la grandeur des éléments naturels.

Ce dessin à l'encre de chine est réalisé sans esquisse, en tracé direct, uniquement avec des débris de bois trempé dans l’encre. La trace incomplète qu'ils laissent, complétée par l'utilisation en lavis de l'aquarelle, rehaussent le mouvement inexorable de cette vague de destruction.

Les croquis du Japon ont été réalisés sur le vif, à l'encre de chine, à Tokyo et dans la région du Tohoku.

Croquis Japon, mars 2013 :